Jeudi 10 décembre 2015 : Caleta Tortel - Villa O’Higgins
Pas de problème cette nuit. On a dormi au calme. Nous rangeons et nous mettons en quête du registro civil de Caleta Tortel. A première vue, la ville est toute petite, mais une fois sur ses passerelles, on marche, on marche !!! Il nous faudra faire un tour complet de ville et demander deux fois notre chemin pour arriver à bon port. Le registro civil est dans une maison minuscule, tenu par une gentille dame et son chat roux. Nous lui expliquons notre problème, elle regarde dans son ordinateur et voit que la voiture n’est pas encore à notre nom. Nous essayons de savoir pourquoi, mais elle n’a aucun moyen de connaitre la raison. Elle téléphone à son chef de service, qui est à Coyahique. Le problème, c’est qu’il est sorti. On lui propose de faire (refaire) un tour de ville et de repasser la voir après, elle aura peut être la réponse. Du coup on flâne, on traîne, c’est très calme et il pleut un peu. Il n’y a pas grand chose à faire, même si on s’amuse beaucoup de toutes ces passerelles. Après avoir laissé passer une heure, nous retournons au registro civil. Le chat nous y attend sur l’unique chaise réservée au client, en face de la dame ! Elle le chasse et je (Aurélie) m’assoie, le chat me monte immédiatement dessus. Entre deux ronronages, elle rappelle le chef, et après une longue conversation avec lui, nous explique le problème. Il manque à notre dossier un document, celui délivré par les services fiscaux nous donnant un numéro de RUT (le premier papier qu’on a fait en arrivant à Santiago). Bien sur, on l’a sur nous (comme tous nos papiers d’ailleurs !). On le lui donne, elle le scanne, l’envoie par mail et son chef lui dit que tout sera bon « por la fin de semana ». Elle est prudente, elle nous dit lundi. On la remercie très chaleureusement, on papouille le chat, et on reprend la route.
Pour rejoindre Villa O’Higgins, nous devons prendre un bac. Comme nous sommes en période estivale, il y en a trois dans la journée (contre deux l’hiver). Nous arrivons à 13 heures 45 à l’embarcadère et on nous apprend que le prochain bateau est à 18 heures. Il y a un petit resto et pas de toilettes… On se gare devant le lac, et on mange. Pour dessert on va acheter une part de gâteau et un espèce de gros beignet. Puis on regarde un film, on fait du blog, on lit, bref on patiente !
Nous embarquons finalement et partons à l’heure.
Pendant la traversée nous montons dans la salle réservée au voyageurs, et mettons le chauffage à fond ! C’est la fin du printemps ici, mais les températures restent basses. Le seul réel signe de l’été est la longueur des journées. Le soleil se couche bien après 22 heures et se lève très tôt. Nous avons devant nous 40 minutes et nous discutons avec l’un des membres de l’équipage. Arrivés sur l’autre rive, le temps de débarquer, il est presque 19 heures (et il ne fait pas beau). Nous décidons de trouver rapidement un endroit pour dormir, pas la peine de continuer avec cette météo. Nous nous arrêtons sous le panneau d’entrée de ville (qui est en fait à 100 kilomètres du bourg) et sommes tranquilles pour la nuit.
Vendredi 11 décembre 2015 : Villa O’Higgins - Confluencia Rio Baker
On se réveille tranquillement, aujourd’hui notre seul impératif est d’être revenus à 19 heures pour prendre le bac de la veille. Nous faisons les 100 km qui nous séparent de la ville on en profite, on passe un petit col, nous longeons glaciers, fleuves et lacs le tout au milieu de la verdure et sous un agréable soleil.
Nous arrivons dans cette ville qui est la fin de la carretera austral, elle est plutôt mignonne. On repère la station service, un petit supermarché (une épicerie en fait), et une boulangerie. Depuis la place centrale on capte un wifi, on arrive à peine à se connecter au site du registro civil, mais on a une super nouvelle, les papiers de la voiture sont OK. Les gens de la veille se sont bien occupés de notre problème. C’est la fête devant notre écran. Maintenant le plus dur et de trouver le registro civil. On démarre, fait le tour de la ville, demandons à une passante notre chemin et on se gare à 100 mètres de là où nous captions internet… On file au bureau qui ferme à 14 heures et il est déjà 13 heures. Nous récupérons le Padron, le sésame qui va nous permettre de quitter le pays et de filer vers l’Argentine. Notre joie est communicative et la gentille dame qui tient ce guichet du bout du monde rigole de nos bêtises. On pique-nique, poursuivons la route sur une petite dizaine de kilomètres pour aller au bout du bout de cette route et finir au bord d’un joli lac.
On remet du carburant, et refaisons les 100 km du matin, la météo se dégrade peu à peu. Nous arrivons avec 3 heures d’avance pour prendre le ferry et sommes les premiers. Plusieurs pick-up arrivent les uns après les autres. Ils discutent tous ensemble, tout le monde à l’air de se connaitre, puis trois camions citernes arrivent. On pense que comme la veille, il y aura un transport spécial.
18h40 : le ferry arrive et débarque de très nombreux passagers, un sacré contraste avec la veille. Nous sommes les premiers à embarquer sur les ordres d’un marin et s’ensuit une énorme partie de taquin pour faire rentrer sur le transbordeur notre 4x4, trois camions citernes, cinq pick-up, et un petit camion plateau. A 19 heures, le ferry part et affronte les eaux agitées du lac qui sous l’action du vent est couvert de grosses vagues. Le capitaine oriente au mieux son bateau pour que les vagues ne tapent pas sur la proue plate du bac. Les plus fortes, lorsqu’elles nous heurtent, font trembler toute la structure du navire. Pas très rassurant une fois au milieu de ces eaux glacées de Patagonie, et puis nous revient à l’idée que nous sommes peut être en surcharge avec tous ces véhicules rentrés au chausse-pied. Nous atteignons l’autre rive sans encombres après quasiment une heure de navigation. On reprend la carretera austral vers le nord avec l’intention d’aller voir les capillas de Marmol à Puerto Rio Tranquillo le lendemain (encore une fois, si la météo le permet). Nous roulons donc jusqu'à 22h30 pour nous rapprocher au maximum de Puerto Rio Tranquillo, nous dépassons la ville de Cochrane et nous arrêtons pour la nuit sur le même parking que quelques jours auparavant quand nous avions été voir le confluent des rios Baker et Nef. La nuit est sans nuages et nous regardons ce ciel étoilé si différent de chez nous.
Samedi 12 Décembre 2015 : Confluencia Rio Baker - Quelque part au bord de la routa 40 (Argentine !!!)
Le ciel est dégagé, il ne semble pas y avoir de vent. On range vite nos affaires et on prend la route vers les capillas de marmol, les conditions semblent être bonne. La route bien que pas très longue en kilomètres nous prendra près de deux heures… A notre arrivée, le soleil est toujours là, le vent s’est levé, il fait même froid. Les cabanes, caravanes et prêt-fabriqués des différentes agences proposant la sortie sont alignées sur le bord du lac. Nous prenons les renseignements à la première agence qui nous explique que le bateau coute 40 000 pesos (53 euros) et que l’on part à 5 minimum, ce qui fait 8000 (10,50 euros) par personne. Pour ce qui est des conditions météo, le gérant répond que dans deux heures, le vent étant en train de forcir, il n’y aura plus de sortie. On lui dit que l’on est ok, et il va voir ses collègues pour savoir qui a des touristes pour l’excursion et finalement il nous envoie deux baraques plus loin. A cette cabane, le prix est de 7000 par personne (9,33 euros)… C’est moins cher, on va pas s’en plaindre ! On va partager le tour avec trois autres personnes, ils s’inquiètent de la taille du bateau avant de payer (nous depuis la barque des pingouins début novembre, si ça flotte, c’est bon !). On s’habille tous très chaudement et on se retrouve de l’autre coté de la petite baie, sur l’embarcadère où une barque en très bon état nous attend. Même les gilets de sauvetage sont en très bon état. On est bien plus sereins que pour les pingouins, meilleures sensations ou habitude??? La couleur de l’eau est magnifique, le vent est fort et de belles vagues se sont formées. Nous sommes rapidement tous mouillés et donc vite congelés pendant les vingt minutes de traversée qui nous conduisent aux capillas de marmol. Le spectacle est au rendez vous. A la hauteur de l’eau, des cavernes ont été crées dans le rocher.
La texture est étrange, c’est comme si des milliards de coup de marteau avait été donnés, des éclats de matière semblent avoir été arrachés. Notre pilote longe la rive, nous montre différentes cavernes, rentre à l’intérieur de la paroi.
Mis à part le froid, tout est parfait. Il manoeuvre pour nous orienter au mieux pour que nous en profitions pleinement et nous montre une tête de chien que la paroi, sous un certain angle, dessine.
On reste un bon moment sur zone passant au plus prêt des formations, nous en heurterons même une, en entrant dans une caverne. Le batelier s’inquiète des dégâts qu’il à pu faire au rocher (aucun), nous c’est plutôt du bateau que l’on s’inquiète (on a jamais entendu d’histoire de récif ayant sombré après un contact avec un bateau me semble t’il ?).
On se met finalement en route vers le port, mais les vagues n’ont cessé de grossir. Nous arriverons sans encombres, juste frigorifiés, mais avec de sublimes images dans la tête. On ne regrette pas notre détour.
On achète du pain et on reprend la route vers l’Argentine. Nous suivons les rives du Lago General Carrera au delà de la frontière, même si son nom change en Lago Buenos Aires. La piste qui nous conduit jusqu’a la ville frontalière de Chile Chico est étroite et surplombe le lac, mais permet d’observer que les pluies sont bien moins fortes ici que sur la cote. La végétation devient de plus en plus rase, les arbres ont laissé la place à de petits buissons, les fougères à des herbes sèches.
Quelques kilomètres après la sortie de la ville, on passe la douane chilienne sans encombres on sort donc du pays, nous et la voiture. A la douane argentine nous n’avons pas plus de problème… Ca y est, nous avons pu passer une frontière avec la voiture et les formalités avec les deux pays nous ont pris une heure. C’est mini fiesta dans la voiture. Notre prochaine étape est le Fitz Roy très loin de là, on ne traine pas en route, qui est en parfait état en comparaison des pistes chiliennes que nous pratiquons depuis des milliers de kilomètres ! Nous irons quasiment jusqu’a la ville de Bajo Caracoles. Vers 19 heures nous trouvons un coin en bordure de route pour dormir.
Dimanche 13 décembre 2015 : Les environs de Bajo Caracoles - El Chalten
Aujourd’hui beaucoup de route s’annonce, nous devons aller plus au sud que Villa O’Higgins où nous étions vendredi. Bajo Caracoles n’est en fait qu’un petit village, le coin n’est pas très peuplé. Nous faisons des centaines de kilomètres sur une très bonne route dans les pâturages patagons argentins, nous voyons lamas, vigognes, nandou, moutons, vaches, chevaux et des lapins tout aussi nombreux que les moutons… Nous évitons la ville de Gobernador Gregores en coupant par la piste qui est l’ancienne Routa 40 et enchainons après notre déjeuner par soixante douze kilomètres de zone de chantier, ici la Routa 40 n’est pas finie. On arrive à Tres Lagos, encore une minuscule ville avec station service quasiment introuvable à la sortie de la ville, ne prenant pas les cartes de credit… mais la ville ne dispose pas non plus de distributeur de billets. Ca devient très compliqué pour nous d’acheter du carburant, l’aiguille du réservoir est basse, mais nous pouvons continuer sans trop nous poser de questions, nous avons un peu plus de vingt litres dans les bidons dans le coffre. La ville de El Chalten sera tout de même trop loin pour finir sur la réserve ou est-ce le très fort vent de face qui génère une surconsommation? A la faveur d’une légère cote à une vingtaine de kilomètres de la ville, la voiture a un soubresaut, on se met au neutre, on coupe le moteur et nous garons sur le bas-coté… il faut sortir un jerrican…
L’arrivée sur El Chalten nous offre une vue dégagée sur le Fitz Roy, on en profite, ce n’est pas tout les jours possible.
Un arrêt au centro de visitantes pour savoir comment s’organiser pour les jours suivants. On tente de retirer du liquide au premier distributeur de billet qui ne nous donnera rien et, heureusement, en trouverons un second bien plus coopératif. Nous faisons un tour dans la ville pour trouver une bouteille de gaz pour les jours à venir et de quoi grignoter. Pour la bouteille de gaz nous renonçons vu le prix, l’équivalant de 19 euros pour une cartouche de 230g… Du vol tout simplement, tout comme les prix dans les supermarchés de la ville, deux fois plus élevés qu’en France… (exemples : 1,50 euros pour un yaourt, 11,50 euros le petit pot de nutella, 5 euros le paquet de pringles, 1,50 euros pour une pomme) et tout est comme ça !!! Heureusement, nous trouvons une boulangerie faisant un bon pain. Avec ces sortes de baguettes et nos réserves nous pourrons partir en randonnée sans nous ruiner. Le reste du tour de ville nous confirme qu’ici nous n’aurons les moyens de rien : les pizzas sont à plus de 15 euros, les sandwichs à 8 euros… On s’inquiète un peu pour la suite, et on espère vraiment que ce ne sont pas les mêmes tarifs dans toute l’Argentine. Nous rejoignons le parking autorisé aux camping-cars au nord de la ville et passons une bonne nuit avant de nous attaquer au Fitz Roy.
Salut Les voyageurs,
RépondreSupprimerContente que vous soyez enfin passés en Argentine ! Cette année Noël sera argentin! (Il a bien faillit être chilien!!)
Une grosse pensée pour vous et surtout vivez de belles nouvelles aventures vers l'infini et au delà
Bientot Ushuaia et le bout du bout de l'Amerique...
RépondreSupprimerBon voyage en Argentine ♥
belle fin d'année
RépondreSupprimervotre voyage avance et c est avec bonheur que nous pouvons vous suivre à travers vos récits toujours aussi réel et merveilleux
à la veille de Noël nous vous envoyons pleins de bisous et d"amitiés de l'autre côté du monde
à très bientôt
Danielle Christophe et Les filles
coucou vous et surtout ola l'argentine enfin. les photos son toujours aussi belle mais j'ai toujours des doutes vous êtes presque au bout du monde donc presque en Antarctique là ou il fait froid et vous nous sortait des photos de cartes postale d'iles paradisiaque aves plages de sable fin et eau turquoise , a mon avis a force de rien faire dans votre hôtel a San Francisco (oui pour moi vous êtes là bas ) vous ne savais même plus ou vous en êtes dans votre parcours et vous vous trompé de photos mais ces pas grave les photos de Rio baker sont magnifique que ces beau les couleur des grottes la vache même avec la pâte a modele de maxance je n'arrive pas avoir un mélange de cette couleur.
RépondreSupprimerallé salut vers l'infini et ne vous gelé pas;